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La droite lyonnaise éparpillée façon puzzle (sur une musique d'Ennio Morricone) Empty La droite lyonnaise éparpillée façon puzzle (sur une musique d'Ennio Morricone)

le Mar 21 Juil 2020 - 19:05
L'Arrière cour revient avec une interview fleuve d'Alexandre Vincendet, le nouvel opposant numéro 1 à Lyon qui pourrait faire de l'ombre à Laurent Wauquiez... 
Le fiasco de l’alliance avec Gérard Collomb a naturellement rebattu les cartes au sein de la droite locale. Encore peu connu du grand public mais réélu triomphalement maire de Rillieux-la-Pape à seulement 36 ans, Alexandre Vincendet, le jeune président de LR dans le Rhône, a profité de l’affaiblissement de Laurent Wauquiez et de François-Noël Buffet pour s’imposer comme la figure montante du parti dans l’agglomération. S’il n’est pas encore le patron incontesté, c’est que sa personnalité clivante lui vaut aussi de solides inimitiés. Le temps joue pour lui, cependant, et il décrit à L’Arrière-Cour le type d’opposition qu’il souhaite incarner face à « l’élu local le plus puissant de France », le nouveau président écologiste de la Métropole, Bruno Bernard. Entretien illustré par l’excellent B-Gnet.
La droite lyonnaise éparpillée façon puzzle (sur une musique d'Ennio Morricone) Vincen10
L’Arrière-Cour : Vous êtes le président de LR dans le Rhône, vous sortez largement conforté des municipales puisque vous avez été réélu largement dès le premier tour à Rillieux-la-Pape, et l’alliance entre la droite et Gérard Collomb, dont vous ne vouliez pas, a été rejetée par les électeurs. Pourtant, vous ne vous imposez pas encore comme le patron naturel de la droite locale. Votre personnalité clivante suscite encore des réticences ?
Alexandre Vincendet : Vous parlez de l’investiture pour la tête de liste à la Métropole ? J’ai le temps, je suis encore le plus jeune du groupe (rires). Il y a aussi des questions à se poser pour notre famille politique, qui en est à deux échecs consécutifs à la présidentielle. Vous regarderez dans les instances dirigeantes à quel point on y voit de nouveaux visages (ironique)… Un parti politique n’est pas un syndicat d’élus qui doivent se reconduire les uns les autres. Sa première fonction est de définir une ligne politique, la deuxième est de faire des ressources humaines. Je rappelle qu’en 2014, quand Jean-François Copé était à la tête du parti, nous avons connu une vague bleue sur les municipales avec beaucoup de victoires, parce que des jeunes inconnus ont été imposés au forceps. Et j’en fais partie. En 2020, ça n’a pas été le cas, parce qu’il y avait un poids prépondérant du Sénat.

« Il faudrait peut-être que, dans notre famille politique, on fasse preuve d’un peu d’humilité, après des échecs aussi graves. »

Au niveau national aussi, votre influence est limitée. François-Noël Buffet a été investi pour les prochaines sénatoriales, alors que vous poussiez pour d’autres listes, d’autres candidatures…
Je ne pousse rien du tout. Plusieurs listes LR se sont manifestées, on était à trois listes, aujourd’hui on serait à deux. Je pense que les Français souhaitent que les élus tirent les leçons de leurs erreurs, en cas de défaite aux élections par exemple. Et qu’on n’a pas tiré toutes ces leçons. J’ai donc fait part d’un certain nombre de désaccords. Ensuite, il y a eu un choix de la commission d’investiture, choix qui émane apparemment du Sénat ; il est respectable. Personnellement je jouerai collectif, mais il y a des électeurs derrière qu’il faut convaincre. Il faudrait peut-être que, dans notre famille politique, on fasse preuve d’un peu d’humilité, après des échecs aussi graves.
Faut-il comprendre qu’à vos yeux, François-Noël Buffet est un « boulet » pour votre camp ?
C’est votre interprétation, je m’en tiens à ce que je vous ai dit.
Comment expliquez-vous le glissement qui s’est opéré en 20 ans ? La droite tenait la ville de Lyon, la gauche les banlieues populaires : c’est aujourd’hui l’inverse.
À Lyon, pendant 20 ans, les guerres fratricides, les haines cuites et recuites, ont durablement affaibli la droite. On peut dire ce qu’on veut, la droite a perdu en 2001 sur ses divisions, on a rejoué la guerre Michel Noir / Raymond Barre, Francisque Collomb / Michel Noir… Résultat des courses, on a perdu.
Vous oubliez Charles Millon dans l’équation, et son alliance avec le FN en 1998 à la Région, qui a profondément divisé la droite à Lyon…
Je n’étais pas là à l’époque. En mars 2001, j’avais encore 17 ans (rires) ! Je ne me sens pas responsable, ce n’est pas mon histoire. Mais je vois simplement que la droite lyonnaise est encore divisée. En périphérie, vous avez beaucoup de jeunes, de nouveaux profils, qui se sont implantés et sont allés à la bataille. La droite n’est pas du tout divisée en périphérie, on a un groupe très soudé. J’ai moi-même beaucoup aidé Jérémie Bréaud par exemple – je ne fais pas partie des gens qui vont flinguer les nouvelles têtes pour ne pas avoir de concurrence. Résultat : il a gagné la mairie de Bron. De même, Marylène Millet, je l’ai poussée à Saint-Genis-Laval et elle a gagné. Sébastien Michel a gagné Écully. D’autres communes ont été remportées, pour la droite c’est un bon cru. Lyon connaît un renouvellement qui sera utile. C’était mon premier test électoral en tant que responsable départemental de LR. Et c’est plutôt une réussite.

« On ne nous a pas écoutés, on a préféré signer un accord pas très ragoûtant d’arrière-cuisine, qui était incompréhensible pour nos électeurs et qui faisait, excusez-moi de le dire, “la vieille garde qui ne veut pas mourir”. »

En tant que patron local de LR, vous n’avez cependant rien maîtrisé à Lyon ou à la Métropole, où l’alliance avec Gérard Collomb s’est faite sans votre accord.
Je vous rassure, au niveau du siège national, cela n’a pas été contrôlé non plus ! J’ai exprimé mon désaccord, tout comme Philippe Cochet, président du groupe LR à la Métropole. Les deux responsables locaux du parti ont donc dit aux principaux concernés qu’une telle alliance ne marcherait pas. On a eu droit à tout… On ne nous a pas écoutés, on a préféré signer un accord pas très ragoûtant d’arrière-cuisine, qui était incompréhensible pour nos électeurs et qui faisait, excusez-moi de le dire, « la vieille garde qui ne veut pas mourir ». Quand c’est comme ça, les électeurs amplifient le mouvement. Et la claque est d’autant plus forte. En outre, le message qui a été porté, c’est « on est contre », « on fait barrage ». Quand on tente de faire peur aux électeurs, de les culpabiliser, ça ne marche jamais !
Pourquoi ce choix a-t-il été fait ?
C’est leur problème, pas le mien. On a eu des pressions amicales pour fusionner aussi sur le plateau Nord (Caluire, Rillieux, etc.), Philippe Cochet et moi avons refusé. Je me suis concentré sur ma ville. Résultat : avec 52%, le plateau Nord enregistre le meilleur score de la droite dans l’agglomération, et Rillieux-la-Pape atteint même 67%. C’est une question philosophique pour la droite : que veut-on pour notre famille politique ? Si l’on se comporte comme un syndicat d’élus qui se cooptent, on disparaîtra. Parce que cela signifie qu’on n’est plus capables de se renouveler ou de porter une vision, puisqu’on ne serait là que pour des intérêts personnels. Si on n’a pas pour but de proposer une espérance, un chemin, une alternance crédible… Ma famille politique est issue du mouvement gaulliste, c’est la famille fondatrice de la Ve République, son objectif est de gouverner.
Quels échanges avez-vous eus avec Laurent Wauquiez autour de cette alliance ?
Je ne vous dirai pas la nature de nos échanges, mais on a eu des conversations franches et directes. Je lui ai dit que je pensais que ce serait un échec cuisant. Cela a été un crash électoral.
Pourquoi a-t-il fait ce choix, alors qu’il incarnait la ligne d’une droite indépendante vis-à-vis du macronisme ?
Comme j’ai promis de ne pas dire du mal, je ne dirai rien (rires).

« L’erreur d’analyse majeure de certains de mes amis, c’est de penser que Gérard Collomb pouvait être une bouée de sauvetage, alors que c’était un boulet. »

Quelles conséquences cela aura-t-il sur les prochaines régionales ?
On ne peut pas les mesurer aujourd’hui. Ce qui est sûr, c’est que cette alliance peut perturber notre électorat. Certains – pas Laurent Wauquiez mais parmi ceux qui lui ont susurré à l’oreille – m’ont dit : « On n’avait pas le choix. » Pour moi, on a toujours le choix. En l’occurrence, il y en avait deux possibles. Le premier était de faire « bloc contre bloc », réunir tous les modérés face au bloc de gauche. Pour cela, il y avait une condition : que David Kimelfeld s’assoie autour de la table. Et pour cela, il fallait que Gérard Collomb s’en aille. Les gens ne voulaient plus de lui ! Il est faux d’affirmer que les Verts étaient hauts au premier tour. Ils avaient obtenu un score honorable, mais le grand perdant, c’était Gérard Collomb. On a vu un rejet massif contre lui : 14% à la Ville, 16% à la Métropole… La vague verte, excusez-moi, elle arrive aux chevilles ! L’erreur d’analyse majeure de certains de mes amis, c’est de penser que Gérard Collomb pouvait être une bouée de sauvetage, alors que c’était un boulet. C’est pour ça que j’ai dit : « Je suis d’accord pour l’alliance à une condition : que Gérard Collomb s’en aille. Il se met en dernière position sur la liste, il ne fait pas campagne, c’est fini. » À partir de là, je pense que David Kimelfeld venait avec nous.
David Kimelfeld a mené une campagne très « écolo », son projet a même été jugé meilleur sur ce plan par les associations pro-climat. Vos électorats étaient-ils compatibles ?
Ce sont les chiffres qui le montrent. Nous avons eu des déperditions de voix en faveur de David Kimelfeld. Sans faire d’alliance, il gagne 10 points, il emporte le Val de Saône, habituellement pourvoyeur de voix de droite. L’électeur qui ne voulait plus de Gérard Collomb, il a voté soit David Kimelfeld, soit les Verts, ou il est resté à la maison. Regardez Képénékian : 36% de voix en plus à Lyon. Chez nous, 1+1, ça a fait 0,8… Regardez le nombre de voix, pas les pourcentages. Sur le plateau Nord, avec deux fois moins de participation, sans alliance on a perdu moins de 70 voix. Gérard Collomb, qui avait fait 12% au premier tour, finit à 3%… Regardez dans l’Ouest, la droite ne pouvait pas gagner sur le papier, elle ne s’est pas alliée, et c’est elle qui gagne. Ma conviction profonde, c’est qu’il fallait se maintenir. À Lyon, on a moins d’élus que la dernière fois. Avec le recul, j’ignore si on aurait gagné la Ville, mais on aurait au moins eu plus d’élus. On a perdu des secteurs qu’on ne devait pas perdre. Lônes et coteaux chez François-Noël Buffet, sur le papier on ne devait pas perdre. Si on ne l’avait pas perdu, il y aurait au moins eu un troisième tour à la Métropole.

« Je connais les caricatures qu’on a faites de moi : extrémiste, raciste, incompétent, trop jeune, facho… et ça, ce sont les plus “sympathiques”. »

Quel regard portez-vous sur les écologistes au pouvoir ? Sont-ils conformes à la caricature qui en a été faite par vos amis durant la campagne ?
Je connais les caricatures qu’on a faites de moi quand je suis arrivé en 2014 et qu’on m’a resservies en 2020 : extrémiste, raciste, incompétent, trop jeune, facho… et ça, ce sont les plus « sympathiques ». Cela n’a pas marché, j’ai été réélu au premier tour. À chaque élection sur mon territoire, j’engrange de plus en plus de voix. Vous ne gagnez pas sur la caricature ! Je suis pour le combat d’idées, de visions. Pendant trois mandats, Gérard Collomb a été capables de porter une vision, il a fait entrer Lyon dans une nouvelle ère. Mais à un moment, il n’a plus eu d’idées.
Allez-vous travailler avec les écologistes ?
De toute façon, ils sont en place et j’ai un territoire à faire avancer. J’ai le plus important plan de rénovation urbaine de la métropole, je ne vais pas tout bloquer parce qu’ils ne sont pas de ma famille politique. Cela ne veut pas dire qu’on n’aura pas de débats, de joutes politiques, mais ils ont un mandat qui leur a été donné par le peuple. Ils ne l’ont pas volé ! C’est la démocratie, vous travaillez avec les gens en place.
En politique, ce sont des accords gagnant-gagnant qui fonctionnent souvent, comme celui passé entre Gérard Collomb et Raymond Barre : je vous aide à réussir, vous m’aidez à réussir…
Sous le dernier mandat, je crois que j’ai été un opposant résolu, et pourtant j’ai fait avancer mon territoire. Je serai exactement sur la même ligne.

« En général, les violences policières n’existent pas. Vous avez des personnes qui n’aiment pas être interpellées, qui résistent de façon extrêmement violente et qui, sachant qu’elles sont filmées, commencent à se comporter plus correctement. »

En 2014, vous aviez mené une campagne assez sécuritaire… Finalement, votre manière de mettre en place les caméras-piétons pour les policiers a convaincu y compris à gauche, parce que cela permet de limiter aussi les discriminations et les violences policières.
C’est surtout qu’en général, les violences policières n’existent pas. Vous avez des personnes qui n’aiment pas être interpellées, qui résistent de façon extrêmement violente et qui, sachant qu’elles sont filmées, commencent à se comporter plus correctement. Je suis très heureux de voir tout le monde se ranger derrière la solution que j’ai adoptée en 2014. J’ai été le premier maire de France à le faire. J’ai entendu avec plaisir, le 14 juillet, que le président de la République voulait généraliser cette mesure au niveau national. D’ailleurs, j’ai échangé avec le nouveau ministre de l’Intérieur. Je lui ai proposé de venir voir in situ. J’ai entendu parler de la méthode Castex : aller voir ce qui marche. Et à Rillieux, ça marche !
Vous ne demandez pas la démission de Gérard Darmanin, à l’instar de Laurent Wauquiez et Rachida Dati ?
Je ne suis pas là-dedans, ça n’a rien à voir avec le combat politique. 

« Le problème, c’est que vous aviez des jeunes qui auraient dû être au collège, qui étaient dans la prédélinquance, et qui sont totalement tombés dedans avec le confinement. »

Vous dites « à Rillieux, ça marche », mais le niveau de tension dans la ville est toujours très élevé. On l’a encore vu avec les incidents du 14 juillet.
C’est le niveau de tension au niveau national qui est très élevé, cela n’a rien à voir avec Rillieux.
Ce n’est pas de votre faute, donc ?
À la Croix-Rousse, il n’y a pas une police municipale sur-armée, et les débordements qu’il y a eus, excusez-moi, mais on n’avait jamais vu ça. Je pense que le confinement est responsable. Les rodéos, c’était pour détourner l’attention des trafics de drogue. Le problème, c’est que vous aviez des jeunes qui auraient dû être au collège, qui étaient dans la prédélinquance, et qui sont totalement tombés dedans avec le confinement. Je le vois à Rillieux comme ailleurs. Des jeunes de 14-15 ans, pas plus, sont devenus des délinquants actifs dans le trafic de stupéfiants. Parce que vous avez des familles monoparentales en grande difficulté, les enfants étaient dehors et ils ont été pris en charge par les trafiquants.
Si les caméras sont plébiscitées, le fait que votre police soit armée, et agisse d’une manière décrite par les habitants comme un peu « cowboy », fait l’objet de beaucoup plus de critiques…
Mais non. Un policier armé, c’est un cowboy ? Les retours, vous les avez de qui ? Des voyous ? De mes opposants ?
Des jeunes de Rillieux notamment. Rue 89 Lyon en cite un certain nombre, d’ailleurs.
Je fais la différence entre les jeunes et les voyous. Oui, la police fait son travail. Rillieux est une des villes de l’agglomération qui affichent le plus faible taux de délinquance, selon les chiffres de la DDSP. Soit 47 faits pour 1.000 habitants, alors qu’on est le 8e plus gros quartier prioritaire de la politique de la ville en France.
Il y a plus de 47 faits juste pour le 14 juillet…
Regardez à Décines, Vaulx-en-Velin, Vénissieux… À Vaulx-en-Velin, Madame Geoffroy, après m’avoir vilipendé en 2014, a armé sa police et commence à mettre des caméras. Et vous ne traitez pas ses policiers de cowboys. C’est facile de caricaturer quand on habite à Lyon et pas dans ces quartiers.

« Je veux bien qu’on arme les policiers de bouquets de fleurs, je ne suis pas convaincu que la France s’en portera mieux. »

Le débat sur l’attitude de la police est mondial…
C’est un débat ultra-communautariste et ultra-politique. On n’est pas dans un état raciste, ce n’est pas vrai. Les policiers ne sont pas des affreux fachos. Ce sont des pères et mères de famille qui mettent leur vie en danger au service des autres. On était bien contents de les trouver voici quatre ans quand il y avait des attentats. Ce sont les mêmes sur qui on crache et à qui on envoie des pavés à la gueule. Les flics sont payés 1.500 balles par mois. La République, c’est céder devant la violence ? Je veux bien qu’on arme les policiers de bouquets de fleurs, je ne suis pas convaincu que la France s’en portera mieux. Si vous regardez bien, c’est une guerre territoriale. Vous avez d’un côté les forces de la République qui font en sorte que la paix républicaine et sociale demeure, et de l’autre des personnes qui veulent mettre en coupe réglée des quartiers. Et qui refusent d’être interpellées. Moi, quand je vois un policier, je ne me sens pas en insécurité, je ne me sens pas provoqué.
Vous êtes blanc…
Quel rapport ?
On ne peut pas nier qu’il y a du racisme dans la police, ça ne veut évidemment pas dire que tous les policiers sont racistes. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, qui vient de la droite, a parlé d’un « racisme systémique ».
Regardez ses positions il y a 20 ans, ce n’étaient pas les mêmes. Je ne suis pas sûr que Jacques Toubon ait mis un jour les pieds dans un quartier populaire. Moi, je ne gagnerai jamais ce que gagne Jacques Toubon. Et les habitants de ce quartier non plus.

« Regardez mes scores : bizarrement, le RN disparaît. Ce parti-là ne vit que sur les problèmes des gens. »

C’est une manière de ne pas répondre à la question…
Vous faites de l’indigénisme à 2,50 euros ! Quand, il y a cinq ans, je suis le seul maire de l’agglomération à mettre en place les dispositifs « deuxième chance » avec le préfet Jean-François Carenco, vous trouvez que c’est raciste ? Quand je mets en place l’accompagnement parental qui peut aller jusqu’à la suspension des aides municipales si les parents refusent qu’on les aide et qu’on aide leur gamin, et que je reçois les parents, je ne les culpabilise pas, je leur dis : voilà où va votre gamin, je suis prêt à vous aider. Dans 95% des cas, ils disent « oui », parce que vous avez simplement des familles en difficulté. Les gamins partent en stage de 15 jours au sein de l’association Laissez-les servir, tenue par un ancien capitaine, Nourouddine Abdoulhoussen – excusez-moi, c’est pas un grand blond qui fait le salut nazi tous les matins… Ils aident des gens dans des villages qui n’ont jamais vu de gamins de banlieue. Ces gens leur disent merci et quand les gamins reviennent, ils sont fiers. Vous trouvez que c’est raciste ? La rénovation urbaine, elle concerne qui ? On refait les écoles où, à Rillieux ? Le centre-ville avec le cinéma à 5,50 euros la place en 4K, plus de 50.000 spectateurs l’année dernière, pour qui le fait-on ? Si on est en train de transférer le centre culturel en plein cœur de la ville nouvelle, de reconstruire la ville pour qu’on ne fasse plus la différence entre les habitations HLM et les autres, c’est pour éviter la ségrégation de qui, sinon des plus fragiles et des habitants de ces quartiers ? Je le fais, pourtant je suis de droite. Et regardez mes scores : bizarrement, le RN disparaît. Ce parti-là ne vit que sur les problèmes des gens ; quand vous les réglez et que les élus ont des résultats, ils n’ont plus de raison d’être en colère et de voter pour les extrêmes. Si je fais de tels scores, c’est aussi que j’ai peut-être des gens de gauche qui votent pour moi. Dans certains bureaux de la ville nouvelle, je monte à 78%.
Quels résultats avez-vous obtenus avec votre dispositif de la « deuxième chance » ?
Vous pouvez être extrêmement strict sur l’ordre républicain et tendre la main parce que vous êtes généreux. Sévère mais juste. Vous avez une dizaine de jeunes pris en charge par la mairie, pour 25.000 euros par an. Ils n’ont le plus souvent pas de diplôme, certains ont déjà un parcours judiciaire. C’est extrêmement strict, ils doivent respecter les horaires, les missions qu’on leur donne, ne pas commettre d’actes délictuels dans la commune – c’est arrivé une fois en cinq ans. Et vous avez de très belles réussites. Je pense à un jeune Tiago, qui était SDF et qui a quitté la commune parce qu’il a trouvé un appartement, s’est marié, a une petite fille… Je pense à deux autres qui devaient retourner en prison, ils s’étaient rangés en travaillant et avaient trouvé un CDI : j’ai écrit au procureur, ils n’y sont pas retournés. Je pense à une jeune fille originaire de Madagascar, qui était en difficulté et qui avait dû renvoyer sa fille là-bas parce qu’elle avait peur pour elle dans le foyer où elle vivait. On l’a aidée, elle a trouvé un travail, un logement et a pu faire revenir sa fille. Aujourd’hui, elle peut l’élever. Vous en avez un dont la famille habite le quartier le plus sensible de Rillieux-la-Pape, qui a suivi une formation d’électricien et qui a été engagé. Il était venu me voir en 2014 avec sa sœur, car il n’avait aucune formation.
Dix jeunes par an, ce n’est pas non plus la bonne échelle…
Je n’ai pas les moyens de l’État ! Sur ce sujet, il faut une loi et des financements. Car bon nombre de jeunes passent sous le radar. La mairie n’a pas les moyens de le faire à plus grande échelle. Le maire peut être un coordinateur, un entremetteur, mais après, il faut des dispositifs de l’État. Le souci, c’est que les jeunes deviennent alors des numéros de dossier et tout recommence, beaucoup passent à travers les mailles de Pôle emploi, qui est devenu un simple guichet, et de la mission locale. Nous, on travaille main dans la main avec eux. J’ai proposé à une époque de le faire à l’échelle de la Métropole – à chacun de prendre ses responsabilités. Je ne suis pas président de la Métropole.

« Si le RSA ou le RMI était une solution pour sortir les gens de la précarité, ça se saurait ! »

Le nouveau président, Bruno Bernard, souhaite expérimenter le RSA jeune. Pensez-vous que ce soit une solution ?
Si le RSA ou le RMI était une solution pour sortir les gens de la précarité, ça se saurait ! Le but est de leur trouver des formations, de leur redonner confiance en eux, non de leur donner de l’argent. Quel modèle de société voulez-vous ?
L’État sait distribuer des revenus, la question est : comment assurer le A d’activité ou le I d’insertion ? Le RSA a été mis en place sous Sarkozy…
Ce n’est pas parce que cela a été fait sous Sarkozy que c’est forcément bon. Tel qu’il a été conçu, on se rend compte que ce n’est pas la panacée. On a fait le RSA, la fusion Unédic-ANPE, super, mais au bout du compte, est-ce que ça marche? Est-ce qu’il y a un vrai changement ? Moi, je n’en vois pas.

« Ce n'est pas parce que vous habitez un quartier défavorisé qu'on peut vous dire : ne vous plaignez pas, on a déjà été très généreux et regardez, on vous ajoute un baby-foot dans une salle. »

Qu’est-ce que vous proposerez au nouveau président ?
La « deuxième chance », l’accompagnement parental. Ces gamins sont en train de tomber dans la délinquance : vous devez fournir une réponse sécuritaire d’un côté, et mener de l’autre une démarche de protection de l’enfance. Parce que ces gamins qui sont fracassés aujourd’hui deviennent les adultes abandonnés de demain. Là-dessus, je suis prêt à travailler avec n’importe qui. Mais il faut une volonté politique. Le RSA jeune, c’est une vieille recette. Où est l’ambition ? On a une collectivité qui est la plus puissante de France. Le président a des pouvoirs qui sont délégués par les maires, des pouvoirs de président d’agglo et de président de département. C’est l’élu local le plus puissant de France ! Il a davantage de pouvoirs que le maire de Paris, avec un budget de 4 milliards d’euros. On peut en faire, des choses… Moi, je suis prêt à expérimenter avec tout le monde, je n’ai jamais connu un État du même bord politique que moi. On parlait de racisme tout à l’heure, tout cela profite plutôt aux jeunes des quartiers. Pour le coup, j’ai une très haute idée de la République, c’est pour ça que j’ai voulu devenir maire d’une ville de banlieue : parce que la République a reculé dans ces quartiers. Vous aviez le communisme ou le socialisme municipal, qui veillait à ce que les choses ne bougent pas trop, parce qu’on était assis sur un matelas électoral. Je n’invente rien, tous les politologues vous le racontent. Quant à moi, je pars du principe que ce n’est pas parce que vous habitez un quartier défavorisé que vous avez droit à des équipements publics dégradés et qu’on peut vous dire : ne vous plaignez pas, on a déjà été très généreux et regardez, on vous ajoute un baby-foot dans une salle. Je caricature un peu, mais honnêtement, on n’en était pas loin.

« En 2014, les bus de la mairie tournaient pour aller chercher les jeunes et les emmener dans les bureaux de vote. Ça, vous ne l’avez pas vu en 2020. »

Jacky Darne, votre prédécesseur à la mairie de Rillieux-la-Pape, était aussi connu pour recevoir les familles des jeunes délinquants dans son bureau…
La différence, c’est que moi, je n’embauche pas les gens à la mairie, comme Jacky Darne, pour acheter des voix et la paix sociale.
Vous embauchez bien des policiers…
Les policiers sont rarement venus me voir pour me dire : « On crame des voitures, ça s’arrête si vous nous embauchez à la mairie. » Je suis désolé, j’y ai eu droit. Les jeunes qui appellent à la mairie : « On est allés voter, par contre on nous avait promis de nous payer notre voyage en Indonésie, ça en est où ? » « Dites, on s’est pris une prune, d’habitude le cabinet du maire nous les réglait, on fait comment ? » Tout était comme ça. En 2014, les bus de la mairie tournaient pour aller chercher les jeunes et les emmener dans les bureaux de vote. Ça, vous ne l’avez pas vu en 2020.

« Il faut arrêter la victimisation permanente ! C’est comme ces mouvements féministes, ce sont eux qui ajoutent de la discrimination. »

Que répondez-vous aux jeunes victimes de discrimination ?
La vie est par essence discriminatoire. J’ai grandi dans un village de 600 habitants dans l’Ain, je suis issu d’une famille populaire. Quand je suis arrivé à Paris, j’étais le seul à Sciences-Po qui devait travailler les week-ends pour payer ses études. Le soir, je devais prendre le RER B pour rentrer dans ma résidence étudiante au Bourget, au milieu d’une cité. Vous croyez que ce n’est pas discriminant ?
Et vous étiez contrôlé souvent par la police ?
Quel est le rapport ?
Vous savez bien que, lorsqu’on est noir ou maghrébin, on se fait davantage contrôler par la police.
Non, je suis désolé, j’en connais qui ne se font pas contrôler tous les jours. C’est peut-être aussi une question d’attitude. L’autre jour, une dame voilée qui avait été arrêtée par la police est venue me voir en disant que c’était discriminatoire. J’ai pris le rapport de police, elle avait grillé un feu rouge tout en conduisant avec son téléphone portable à l’oreille… Il faut arrêter la victimisation permanente ! C’est comme ces mouvements féministes, ce sont eux qui ajoutent de la discrimination. L’égalité femme-homme ne fait pas débat. Pourquoi ne devrait-on pas payer une femme autant qu’un homme ? Je ne dis pas que tout est parfait, mais dans la fonction publique ou politique, c’est la réalité. À Rillieux, j’ai été le premier maire à avoir eu des adjoints issus de la diversité. J’en ai qui travaillent à la direction générale, ce n’était jamais arrivé non plus. Ceux qui me font la morale ne l’avait pas fait ! Moi, je choisis les gens pour leurs compétences, pas pour leur couleur de peau ou leurs opinions. Tous les vendredis, j’assure des permanences en changeant de quartier chaque semaine. Je reçois tout le monde, je ne fais aucune différence entre les gens. Quand une mère de famille vous dit : « Monsieur le maire, il n’y a pas assez de petits blancs dans l’école, comment fait mon enfant pour s’intégrer ? », vous vous le prenez en pleine gueule.
Quelle réponse apportez-vous ?
De la rénovation urbaine et de la mixité sociale, ce que l’on est en train de faire. On rase des écoles et on les reconfigure complètement. On passe de quartiers 100% logements sociaux à 60%. On remet des équipements, on travaille sur les espaces publics, on mène des politiques publiques structurantes. Il y a une véritable action globale. Sur la carte scolaire, on est passés de plus de 250 dérogations à près de 70, parce qu’on les refuse. C’est une volonté politique. Je sais que c’est un combat pour une quinzaine d’années mais il faut bien commencer un jour.

« Je suis allé manger place des Terreaux avec ma femme et mon petit de trois ans. Je leur ai interdit de sortir de l’immeuble : je ne leur faisais pas traverser la place des Terreaux à minuit. »

On voit qu’à La Duchère, qui est l’un des quartiers précurseurs, ce n’est toujours pas gagné…
La différence, c’est qu’à La Duchère, il n’y a pas eu d’emblée un vrai travail sur la sécurité. Gérard Collomb n’était pas connu pour être très à cheval sur les questions sécuritaires. Il n’a pas laissé un souvenir impérial comme ministre de l’Intérieur. Et regardez la place des Terreaux, vous trouvez que c’est sécurisé ? Il y a l’image et les actes : il a complètement laissé filer la sécurité à Lyon. Je suis allé manger place des Terreaux il y a un an, avec ma femme et mon petit de trois ans. Je leur ai interdit de sortir de l’immeuble, je suis allé chercher ma voiture. Je ne leur faisais pas traverser la place des Terreaux à minuit.

« Mon opposant écologiste à Rillieux me dit : “Il faut contraindre.” Moi, je crois plutôt à la force de persuasion. »

Parmi les priorités de votre mandat, on a compris qu’il y aura la mise en œuvre du plan de rénovation urbaine.
C’est vraiment le début. On a obtenu une enveloppe globale de 320 millions d’euros, c’est maintenant qu’on va le concrétiser. Le quartier Ostérode, avec ses 16 hectares, représente la plus grosse opération de développement économique de l’agglomération. La transition environnementale est déjà engagée avec le parc linéaire urbain que l’on a dessiné. On travaillera sur la végétalisation des cours d’école – nous sommes la seule commune de l’agglomération à avoir obtenu le label Cit’ergie, parmi les plus exigeants selon le vice-président écologiste Bruno Charles. La différence, peut-être, est que mon opposant écologiste à Rillieux me dit : « Il faut contraindre. » Moi, je crois plutôt à la force de persuasion.
Sur quels sujets anticipez-vous des crispations avec la Métropole ?
Il y a un sujet sur lequel je ne lâcherai rien : la prolongation du métro B jusqu’à Sermenaz (Rillieux-la-Pape). Il en va de l’avenir de l’agglomération. Ce sera la ligne qui drainera le plus de voyageurs : 80.000 par jour ! Je n’ai pas eu de discussion avec Bruno Bernard, mais quand je l’ai entendu dire sur BFM que c’était peut-être plus prioritaire que la ligne E, j’ai évidemment tendu l’oreille. Cela prouve qu’il est peut-être pragmatique sur ces sujets. Quoi qu’il en soit, pour une agglomération qui se veut européenne, Lyon accuse un gros déficit de métros. Lyon, c’est 30 kilomètres de métros. À Barcelone, Munich, Stuttgart ou Zurich, c’est plus de 100 kilomètres ! Ça ne se réglera pas sur un mandat. Mais il est urgent de commencer.

« Il y a des mesures de gauche très dure que je combattrai. Les 6.000 logements sociaux qu’ils veulent construire, notamment. On ne va pas continuer à les entasser ! »

On va retrouver l’époque où, avant de s’allier avec le FN, Charles Millon s’était appuyé à la Région sur les écologistes pour lancer un programme ambitieux de TER ? De ce point de vue, il valait mieux pour vous une victoire des écologistes que celle de François-Noël Buffet, qui, avec Gérard Collomb, privilégiait la ligne E.
Je vous laisse libre de vos interprétations. Pour répondre sur les points de friction, je sais que Madame Vessiller (Béatrice Vessiller, nouvelle vice-présidente à l’urbanisme, NDLR) est opposée aux destructions-reconstructions d’immeubles. Or, à Rillieux, vous en avez besoin parce que l’urbanisme de ces années-là donne un avantage aux délinquants sur les forces de l’ordre, avec beaucoup de recoins. Autre exemple : le tarif social de l’eau, que je trouve scandaleux. Vous ne travaillez pas, vous ne payez pas. Et pour vous remercier d’avoir trouvé un boulot et de vous en sortir, vous payez ? Vous croyez que c’est incitatif pour aller bosser ? Il y a des mesures de gauche très dure que je combattrai. Les 6.000 logements sociaux qu’ils veulent construire, notamment. On ne va pas continuer à les entasser ! Je pense qu’il faut travailler sur le parcours résidentiel et le parcours de propriété. Et développer les moyens de transport lourds comme le métro – je ne demande que ça, cela m’enlèvera une quantité de voitures dans ma ville qui respirera tout de suite mieux – mais je demande qu’en attendant, on ne punisse pas les gens qui n’ont d’autre choix que de prendre leur voiture pour venir travailler.

« On n’est pas obligés de nouer des alliances contre-nature, gloubi-boulga. La République en marche est un mouvement à l’américaine... »

La prochaine échéance électorale, ce seront les régionales l’année prochaine. Aurez-vous des réticences à faire la campagne de Laurent Wauquiez ?
Non, c’est le président sortant, il est légitime. Je peux exprimer des désaccords mais je joue collectif.
Faut-il faire alliance avec LREM ou avec les amis de Gérard Collomb ?
Ce n’est pas moi qui fais les listes mais cela n’aurait pas de sens. Et à ma connaissance, ce n’est pas à l’ordre du jour. La dernière fois, on a gagné sans alliance. On n’est pas obligés de nouer des alliances contre-nature, gloubi-boulga. La République en marche est un mouvement à l’américaine, ce qu’avait fait Sarkozy avec l’UMP : une machine au service d’une personne. Rappelez-vous, les élections après 2007 n’ont pas été une réussite extraordinaire pour nous. Je pense que la recomposition n’a pas eu lieu en 2017 ; elle aura lieu en 2022 en fonction de ce qui va se passer.

« Je ne me présente pas à la présidentielle, si c’est votre question. »

Et vous personnellement, quelles sont vos ambitions ? Envisagez-vous ce deuxième mandat comme le dernier, pour ne pas rester trop longtemps en poste ?
Non, je ne m’arrêterai pas à la fin de ce mandat. Pour autant, je ne tire pas de plans sur la comète, je n’en sais rien. Il y a des échéances que je regarderai. Comme je viens d’être réélu – et accessoirement le mieux réélu de la métropole, dans une ville qui m’était défavorable il y a six ans – il serait assez désobligeant, vis-à-vis de ceux qui m’ont fait confiance, de parler d’autre chose. Donc, pour l’instant, je me concentre sur le lancement de mon mandat.
Et on verra en 2022 ?
Je ne me présente pas à la présidentielle, si c’est votre question.
Je pensais aux législatives…
Ça, c’est autre chose. Pour l’instant, ce n’est pas dans mes écrans radars. Une seule chose m’intéresse, Rillieux-la-Pape. Il sera bien temps de penser à la suite plus tard.
Propos recueillis par Raphaël Ruffier-Fossoul
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