Un bilan des présidentielles 2022 dans la métropole de Lyon et le département du Rhône

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25042022
À Lyon, chaque camp semble avoir son idée des contours de la « nouvelle ère » annoncée par Emmanuel Macron au soir de sa victoire, que tous s’accordent cependant à juger indispensable pour casser la lente progression de l’extrême droite, qui n’aura jamais été aussi proche du pouvoir. 
L’analyse pour l'Arrière cour de Raphaël Ruffier-Fossoul, 
avec Julia Blachon et Honorine Soto.
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En 2017, Jullié, 338 habitants, était la seule commune du Rhône à avoir majoritairement apporté ses suffrages à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Ses habitants ont cette fois choisi Emmanuel Macron à 52%. Mais lors de deuxième tour des élections #présidentielles2022 , 49 autres communes du département ont accordé au moins la moitié de leurs votes à la candidate d’extrême droite. Quarante-neuf sur 267. 
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Liste des 49 communes du Rhône où Marine Le Pen obtient plus de 50% des suffrages :
Affoux (58,65%) ; Aigueperse (52,87%) ; Ambérieux (54,52%) ; Beaujeu (50,82%) ; Chambost-Allière (57,44%) ; Chénelette (56,40%) ; Claveisolles : 54,11% ; Colombier-Saugnieu (57,54%) ; Corcelles-en-Beaujolais (52,54%) ; Cours (55,43%) ; Cublize (53,68%) ; Dième (58%) ; Dracé (61,01%) ; Echalas (52%) ; Les Haies (51,35%) ; Les Halles (66, 42%) ; Haute-Rivoire (55,59%) ; Joux (54,27%) ; Jons (55,56%) ; Lamure-sur-Azergues (52,98%) ; Loire-sur-Rhône (54,97%) ; Longes (57,03%) ; Meaux-la-Montagne (54,11%) ; Meys ( 58,82%) ; Le Perréon (51,57%) ; Poule-les-Echarmeaux (51,01%) ; Propières (59,36%) ; Pusignan (54,48%) ; Ranchal (52,38%) ; Ronno (54,55%) ; Souzy (58,56%) ; Saint-André-la-Côte (50,30) ; Saint-Bonnet-des-Bruyères (50%) ; Saint-Bonnet-le-Troncy (53,18) ; Saint-Clément-de-Vers (62,34%) ; Saint-Clément-sous-Valsonne (51,12%) ; Saint-Didier-sur-Beaujeu (51,52%) ; Saint-Etienne-la-Varenne (51,32%) ; Saint-Genis-l’Argentière (55,56%) ; Saint-Georges-de-Reneins (50,02) ; Saint-Igny-de-Vers (58,46%) ; Saint-Jean-la Bussière (56,65%) ; Saint-Nizier-d’Azergues (55,87%) ; Saint-Pierre-de-Chandieu (50,16%) ; Saint-Romain-en-Gier (59,65%) ; Saint-Vincent-de-Reins (59,11%) ; Taponas (53,82%) ; Thizy-lès-Bourgs (51,17%) ; Valsonne (55,77%) ; Villechenève (51,61%)
Parmi lesquelles Ambérieux, Beaujeu, Jons, Lamure-sur-Azergues, Pusignan, Saint-Genis-l’Argentière, Saint-Pierre-de-Chandieu, Saint-Romain-en-Gier et même Thizy-les-Bourgs, l’ancien fief électoral de Michel Mercier, qui a tant choyé sa commune au fil des 23 ans qu’il a passés à la présidence du Département.
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En revanche, la candidate du RN n’est majoritaire dans aucune commune de la métropole de Lyon, même si elle monte à 46,52% à Quincieux. La carte électorale du département illustre ainsi à nouveau la fracture qui se creuse entre l’électorat urbain et « nos compatriotes des provinces et des campagnes », remerciés « particulièrement » par la fille de Jean-Marie Le Pen dans son discours de « victoire » dimanche soir.
À la préfecture du Rhône, ce n’est pas la foule des grandes soirées électorales. 
Tous bords confondus, les élus venus répondre aux questions des journalistes veulent croire qu’après ce niveau historique atteint par l’extrême droite en France, plus rien ne pourra être « comme avant ». Et que d’une manière ou d’une autre, le pays entrera bien dans « une nouvelle ère », mais pas forcément celle dessinée dans le discours du premier président de la Ve République réélu pour un deuxième mandat sans avoir connu de cohabitation.

Ecouter le podcast  de cette soirée électorale "le 1/4 d'heure lyonnais" 
par Gérald Bouchon pour Lyon Demain

Pour les macronistes, l’ère de l’humilité ?

Soyons justes avec les élus «macronistes lyonnais» : hier soir, ils ont dans l’ensemble accueilli les résultats avec plus de soulagement que de joie, en rappelant toujours que l’époque appelle à une certaine gravité. Mais avant l’intervention présidentielle promettant « une nouvelle ère », tous ne sont pas encore pleinement au diapason de la promesse d’une « méthode nouvelle », dans « le respect de chacun ». Ainsi, quand son prédécesseur, David Kimelfeld, le salue et lui demande : « Comment ça va ? », l’écologiste Bruno Bernard lui répète l’inquiétude exprimée auprès des journalistes : « Ça va mieux ! Mais les réactions des ministres sur le Champ-de-Mars et sur les plateaux m’inquiètent un peu. Quand j’entends Ferrand parler d’une ‘victoire historique’… » David Kimelfeld, pas le macroniste le plus ardent, acquiesce, tandis que le député de Lyon Thomas Rudigoz se joint à la conversation pour justifier le « plaisir » exprimé notamment par le Garde des sceaux Éric Dupond-Moretti : « En matière d’humilité, vous (les écologistes, ndlr) n’avez pas toujours été exemplaires. On avait annoncé un résultat serré, il est à 58%. Ça lui donne une légitimité. » Dans un sourire crispé, Bernard rétorque : « Je fais partie des 58%. » « Et je t’en remercie », lui lance Rudigoz, qui n’a pas l’occasion de développer son propos.
Il précise en aparté : « En matière d’humilité, Bruno Bernard ferait bien de balayer devant sa porte. Car 58%, c’est une belle victoire, c’est la preuve que ce n’est pas un homme honni et rejeté comme on voudrait le faire croire. Le front républicain n’est plus comme avant, quand le troisième homme, Jean-Luc Mélenchon, n’a pas appelé clairement à voter Macron et que ses lieutenants ont été encore plus ambigus, pour ne pas dire sournois. C’est un bon score, face à une Marine Le Pen dédiabolisée, on ne peut pas dire que le président n’a pas de légitimité. » Il modère cependant : « On ne va pas fanfaronner non plus, on voit que le pays est divisé, il faudra tenir compte des colères. On ne pourra pas mener les réformes tambour battant comme on l’a fait dans le premier mandat. »
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Un peu plus loin, David Kimelfeld regrette les prises de positions de son ami Rudigoz. « Il ne doit pas faire ça, Thomas, je le lui ai dit. » Kimelfeld confirme cependant qu’il le soutiendra bien aux prochaines législatives, sans s’interdire complètement d’appuyer des candidats de gauche dans d’autres circonscriptions. Kimelfeld, qui avait soutenu la socialiste Najat Vallaud-Belkacem aux dernières régionales, verra au cas par cas. Mais il affirme que, malgré sa proximité personnelle avec le député de la 2e circonscription de Lyon, Hubert Julien-Laferrière, ancien macroniste passé chez Génération Ecologie, il ne sera pas derrière lui aux prochaines législatives : « Lui, si je peux m’occuper personnellement de son cas, je le ferai (rires). Je l’adore, c’est un ami. Mais il faut un peu de cohérence. Il a changé trois fois de groupe en cinq ans… Je sais qu’il aime beaucoup le ski, mais il faut qu’il arrête la godille. Et je ne le vois jamais dans le IVe », rigole-t-il.
C’est le jeu d’un soir de résultats, journalistes et élus se projettent immédiatement sur le prochain scrutin, en l’occurrence les législatives, qui auront lieu dans sept semaines. Si Thomas Rudigoz affiche sa « confiance », la plupart des élus présents semblent s’attendre à une vague « macroniste » de moindre ampleur qu’en 2017. Ce n’est pas un hasard si la députée LREM de Rillieux, Anissa Khedher, que l’on dit particulièrement menacée, est arrivée la première devant les micros des journalistes, suivie de près par la députée LREM de Caluire, Blandine Brocard.

Pour la gauche, l’ère de l’unité ?

Arrivés côte à côte, les maires de Lyon Grégory Doucet (EELV) et de Villeurbanne Cédric Van Styvendael (PS) tiennent manifestement à afficher le visage d’une gauche enfin prête à l’unité, en prenant pour modèle leurs majorités respectives, « parmi les plus diverses de France », assure le maire de Lyon. Avant d’ajouter : « On a tous bien vu que la colère s’était exprimée dans l’électorat français, les gens sont en attente de quelque chose, à nous de le construire. » L’un et l’autre espèrent que les négociations nationales en cours reconnaîtront leurs implantations locales, mais ils semblent avoir conscience que les scores de leurs candidats respectifs ne les mettent pas en position d’imposer quoi que ce soit. « Maintenant qu’il y a un leadership clair, avec le score de Jean-Luc Mélenchon, on a tout pour faire l’union. Comme l’a compris Bruno Bernard, il n’y a pas à tergiverser, il faut y aller », analyse le « taubiriste » Renaud Payre. L’intéressé se veut résolument optimiste sur les possibilités d’un accord, ajoutant que le verdict tombera rapidement : « Ce qui ne sera pas bouclé en fin de semaine ne se fera pas. »
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Grégory Doucet ne dit pas autre chose : « Il est important que Jean-Luc Mélenchon assume son leadership. Mais les temps appellent un leadership extrêmement éclairé, qui accepte la diversité. J’appelle à un rassemblement pluriel de l’écologie et de la gauche. Il faut des signes positifs envers tous les mouvements, c’est ce qui peut créer de la confiance, y compris pour nos électeurs. » Les divergences sur la Syrie et l’Ukraine ne sont pas oubliées, « il faudra trouver le cadre pour en discuter ». Comme Jean-Luc Mélenchon vise désormais Matignon plutôt que l’Élysée, les désaccords sur la scène internationale se trouvent relativisés : « Le fait est que le Président sera Emmanuel Macron… », sourit Hubert Julien-Laferrière.
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Pour l’extrême-droite, l’ère de la banalisation ?

Lyon a donc finalement voté à 79,8% pour le président sortant, l’agglomération à 73,03%. Les représentants de l’extrême droite sont peu nombreux à se presser en préfecture. La demi-douzaine de « zemmouristes » présents veulent entendre un geste d’ouverture à leur égard dans l’appel à « l’union des patriotes » lancé par Marine Le Pen. « Ensemble, Reconquête et le RN forment le premier parti de France. J’espère que l’on saura s’entendre. J’ai eu des discussions dans ce sens avec huit responsables départementaux du RN sur 13, qui sont pour un accord », rappelle ainsi Thibault Verny, le coordinateur régional du parti d’Éric Zemmour. Mais la porte du côté du RN semble plutôt se refermer ; en tout cas, Michèle Morel, représentante locale du parti, ne donne aucun signal favorable : « On va avoir des visioconférences avec le siège dans la semaine, je suivrai les recommandations qu’on me donnera. » Elle fait néanmoins le pari « qu’avec les forces politiques de gauche, nous et Reconquête, Macron n’aura pas la majorité à l’Assemblée nationale. Et là il faudra compter avec nous. »
Thibault Verny, qui assure que son parti a gagné 5 000 militants dans l’entre-deux tours, et sera en mesure de « présenter 63 bons candidats dans les 63 circonscriptions de la région », espère aussi un rapprochement avec des élus Les Républicains : « LR n’existe plus, le parti est endetté, n’a plus de militants. Ça va végéter comme le PS. Certains vont nous rejoindre, peut-être que ça va permettre de rendre plus audible le discours de Zemmour. Nous, contrairement aux autres, nous n’avons pas d’impératifs financiers à ces législatives. Cela peut faciliter les négociations. »

Pour la droite, l’ère de la recomposition ?

Cet appel laisse de marbre le président départemental de LR et maire de Rillieux-la-pape, Alexandre Vincendet. Il devrait se présenter aux prochaines législatives contre Annissa Khedher. S’il assure qu’il ne rejoindra pas LREM, il ne cache pas sa proximité avec Édouard Philippe et pourrait tenter de peser dans un pôle de droite au sein de la future majorité présidentielle, dans l’espoir de préparer une alternance en 2027. « Chaque fois que la droite a gagné, elle a porté un discours qui a parlé à des électeurs du centre et de gauche. C’est le cas de Jacques Chirac en 1995, et de Nicolas Sarkozy en 2007. Au contraire, les discours de repli sont inopérants. Je suis convaincu que Sarkozy a perdu en 2012 à cause de son discours de Grenoble, une partie des électeurs l’ont perçu comme trop radical », analyse-t-il, dessinant le chemin qu’il compte emprunter ces cinq prochaines années.

Pour les citoyens, l’ère de la participation ?

L’abstention s’établit à 28,01%, un niveau plus atteint depuis 1969 pour un deuxième tour de l’élection présidentielle. Elle est même légèrement supérieure dans la métropole de Lyon (28,27%), avec cependant un total des votes blancs (5,6% des votants) et nuls (1,62%) un peu inférieur au total national (8,6%).
Difficile de ne pas entendre un message des électeurs. « On ne pourra jamais savourer pleinement une victoire acquise alors que l’extrême droite est au second tour. Le chantier est tellement large désormais ! Il faut qu’on arrive à instaurer un dialogue avec les Français. Cela ne doit pas être seulement un dialogue entre un homme, le président, et un peuple, mais je crois que nous avons en tant que parti un rôle à jouer », lance ainsi la déléguée locale de LREM, Sarah Peillon, qui estime que « ce dialogue doit être collectif, et relève aussi de la responsabilités des élus locaux », appelant les écologistes à y prendre leur part.
Dans l’entre-deux-tours de la campagne, Emmanuel Macron a formulé la promesse d’un « grand débat permanent ». Mais les élus macronistes présents sont bien en peine d’en esquisser les contours. Comme s’ils attendaient, une fois de plus, que la réponse descende de Jupiter. C’est pourtant dans l’invention d’une nouvelle relation avec les citoyens que l’on pourra juger la réalité de la « nouvelle ère » qui est promise. Et que l’on pourra espérer que l’extrême droite ne gagne pas encore plus de communes en 2027 et ne s’installe la même année à l’Élysée.
Raphaël Ruffier-Fossoul
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