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08092020
L’OCDE recommande aux pays de redoubler d’efforts
 pour veiller au développement durable des activités maritimes
Les pays doivent œuvrer de concert pour protéger les mers et océans contre la hausse continue des températures, de la pollution et de la surpêche, qui compromet leur aptitude à abriter la vie marine ainsi qu’à procurer des ressources alimentaires et un revenu à des millions de personnes.
Tel est le message que l’OCDE adresse dans son rapport « Des océans durables pour tous : mettre les avantages d’une économie maritime durable au service des pays en développement » , y soulignant l’impératif de veiller à ce que l’essor des secteurs économiques liés à la mer, annoncé pour la décennie à venir, intervienne dans des conditions de durabilité.
Ces secteurs stratégiques liés à la mer - comme le tourisme et la navigation - pâtissent actuellement de la crise du COVID-19. Les ressources marines n’en continueront pas moins d’être exploitées pour répondre aux besoins liés à l’alimentation, à l’énergie, aux minéraux, aux transports, au tourisme et aux loisirs d’une population mondiale grandissante, qui devrait compter 9 milliards d’habitants en 2050. Gérée de façon pérenne, la mer a la capacité de régénérer les sociétés, de les rendre plus productives et de favoriser leur prospérité. Cela passe par le soutien des pouvoirs publics à ces secteurs moins équipés pour une économie maritime durable, qui consiste à faciliter l'accès aux financements et aux données utiles pour l'action publique.
« La mer fait vivre plus de 3 milliards de personnes et tous, nous dépendons d’elle pour soutenir les écosystèmes, nous nourrir et réguler le climat. Pourtant, l’activité humaine lui porte atteinte de façon durable, voire irréversible », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría. « Il est crucial d'investir dans les secteurs liés à la mer de manière à assurer leur durabilité environnementale et économique tout en axant particulièrement les modalités de sortie de la crise liée au COVID-19 sur le bien-être des populations. »
Devant le constat selon lequel, en général, les pays les plus pauvres sont à la fois les plus exposés aux effets de la dégradation des mers et océans et les moins bien armés pour y faire face, le rapport de l’OCDE plaide en faveur d’une action coordonnée et d’une coopération internationale plus efficace en matière de développement aux fins d'une économie maritime plus durable. L’avènement de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable en 2021 devrait d'ailleurs renforcer le rôle des sciences et de l’innovation dans la mise au point de pratiques durables pour l’après-COVID.
Dans son rapport, l’OCDE demande aux pays de supprimer progressivement les dispositifs de soutien public dont bénéficient encore les activités économiques préjudiciables à l’environnement, au profit des redevances, taxes, permis négociables et autres instruments de nature à décourager la surexploitation, la pollution et les émissions de gaz à effet de serre et à encourager la sauvegarde et le développement durable des activités maritimes. De tels instruments procureraient de surcroît les ressources tant nécessaires pour financer la durabilité des mers et océans. En 2018, au moins 4 milliards USD de recettes fiscales liées à la mer ont été perçues dans le monde, en particulier au titre de la pollution, des transports et de l’énergie.
L’analyse de six secteurs liés à la mer (pêche, aquaculture, transformation du poisson, construction navale, transport maritime de passagers et de marchandises) qui figure dans l’étude montre qu’en 2015, ces secteurs représentaient plus de 11 % du PIB des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 6 % du PIB des pays à faible revenu, contre moins de 2 % dans le cas des pays à revenu élevé. Dans certains pays à faible revenu ou États insulaires, la part du PIB imputable à des secteurs stratégiques liés à la mer comme le tourisme va même jusqu’à dépasser les 20 %. 
Du fait de cette dépendance, les pays en développement sont particulièrement exposés aux risques entraînés par la détérioration des écosystèmes marins. Pourtant, moins de 1 % de l’aide étrangère est consacrée à la conservation de ces écosystèmes et à une meilleure durabilité des activités économiques liées à la mer. L’enveloppe annuelle de 3 milliards USD d'aide publique au développement (ADP) qui a été allouée aux activités maritimes pour la période 2013-18 sert principalement à financer l’expansion de secteurs comme l’exploitation portuaire et la navigation, sans finalité de durabilité.
Une économie maritime ne saurait être durable sans modes de financement bien conçus. Or, les données sur les financements en faveur des océans sont rares et le flou demeure quant à leur rôle dans la durabilité. Pour y remédier, le rapport offre une analyse de la place de l’économie maritime durable dans le financement mondial du développement et des financements privés mobilisés par l’APD au profit des activités maritimes. Il y est préconisé d'introduire des critères de durabilité environnementale et sociale de l’économie maritime dans les services et investissements traditionnels, sur les marchés financiers et sur les marchés du crédit.
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