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24052022
Six ans après l’affaire Preynat, le diocèse de Lyon doit affronter à nouveau une vague de témoignages de victimes accusant l’Église d’avoir fermé les yeux pendant des années face à des actes de pédocriminalité. Cette fois-ci, l’accusé s’appelle Louis Ribes, surnommé « le Picasso des églises ». De son ordination en 1947 à sa mort en 1994, il a exercé au sein des diocèses de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne. Tantôt enseignant d’art dans les séminaires, tantôt artiste, il a côtoyé de nombreux enfants au cours de sa vie. Une enquête d’Honorine Soto pour L'Arrière cour.
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Photographies d’époque de Luc Gemet lors des « séances » chez Louis Ribes :copyright: Boris Heim/Club de la presse de Lyon
Cinquante et un : c’est, à ce jour, le nombre de victimes de Louis Ribes qui ont fait un signalement dans les trois diocèses où ce dernier a exercé. Vingt-cinq ont témoigné par écrit auprès du collectif des victimes du père Ribes, créé par Annick Moulin et Luc GemetL’Arrière-Cour a eu accès à ces signalements. À leur lecture, les similitudes apparaissent dans toute leur évidence : ce sont des histoires d’enfants âgés de 8 à 14 ans, qui ont côtoyé le père Ribes pendant des vacances dans leur village ou même au sein de leur milieu familial. Le prêtre était souvent proche des parents de ses victimes, parfois considéré comme un ami de la famille. La confiance était totale.
À l’époque, le père Ribes est certes prêtre mais aussi artiste. Chemins de croix, tableaux et autres vitraux portent son nom. C’est sous ce prétexte artistique qu’il instaure un véritable système : il propose aux parents que leurs enfants posent pour lui. Et dans son atelier improvisé, le père Ribes leur demande de se déshabiller. Une fois les coups de crayon terminés, le prêtre invite l’enfant sur ses genoux pour admirer «son œuvre». Là, il se permet de poser ses mains sur eux. Ensuite, «il [range] soigneusement» ses croquis dans son tiroir de commode. Ce scénario, ce fut notamment celui vécu par Annick: «Il me parlait de mes “nénés” et de ma “zézette”, ça a duré de mes huit à mes douze ans.» Les agressions continuent chez les parents lorsque le prêtre vient manger : les attouchements se passent sous la table à manger.
Comme Annick, Luc a huit ans lorsque le père Ribes pose les mains sur lui pour la première fois. Après un infarctus, le prêtre, accueilli chez les parents de Luc, demande à avoir un «garde-malade». Ce sera Luc. Il témoigne pour la première fois dans Marianne en octobre 2021 : «Je devais descendre mes mains, il a instauré une masturbation quasi quotidienne, il m’expliquait que c’était normal.» Les actes du pédocriminel iront plus loin encore lors des vacances au séminaire de Vienne-Estressin, raconte Luc : «Dès la première nuit, il me demande de venir dormir dans sa chambre et il se promène nu devant moi. Il me caresse et me demande de le caresser.» Luc s’exécute, sidéré, dégoûté d’une situation «très violente psychologiquement». Il ne comprend pas tous ces actes qui sont mélangés à la religion, très importante au sein de sa famille. Les «caresses» dérivent en fellations. À Luc, le père Ribes assure que c’est de l’amour, que ce sont des choses que l’on fait quand on aime. Si des amis de Luc trouvent que la relation du prêtre avec lui est étrange, il ne dira rien jusqu’à ses 30 ans, par «peur de ne pas être cru».
Les résonances se multiplient entre les témoignages. Annick comme Luc ont droit à des cadeaux onéreux de la part de leur bourreau que, souvent, leurs familles respectives ne pouvaient pas leur acheter. Annick obtient un pyrograveur, Luc une chaîne stéréo avec des disques dès son premier Noël après le début des agressions et des viols. Plus tard, Ribes lui achète même une batterie. Il ne peut pas s’empêcher de penser aujourd’hui qu’il lui offrait tout cela en échange de son silence.
Ces deux histoires sont sûrement celles de beaucoup d’autres, Luc en est persuadé : «Rien qu’à Grammond, un des lieux où séjournait Louis Ribes en tant que prêtre, c’étaient tous les ans une quinzaine d’enfants qui passaient des vacances chez lui, et ce, pendant des années. Faites le calcul…»
Les diocèses de Lyon, Saint-Étienne et Grenoble l’affirment : ils n’ont retrouvé dans leurs archives aucun témoignage accusant Louis Ribes avant 2015. Pour le diocèse de Lyon, le premier signalement remonte à la fin de juillet 2021. Il s’agit de Luc.
Il s’est écoulé six mois entre le premier signalement de Luc et les premiers actes du diocèse de Lyon. Jean-Luc Souveton, ancien curé de Grammond, donnera un coup d’accélérateur au processus. Lui-même victime pendant son adolescence du père Régis Peyrard – condamné en 2018 à six mois de prison ferme – il apprend l’existence de l’affaire Ribes par Annick fin 2021. Et dès le 6 janvier 2022, il envoie un e-mail à son évêque pour l’informer de l’affaire en mentionnant que «les grands prédateurs de ces dernières décennies sont tous originaires du diocèse de Saint-Étienne. Bernard Preynat a été l’élève de Régis Peyrard – son agresseur – qu’en est-il de Louis Ribes ? » Deux jours plus tard, le diocèse de Lyon organise une première réunion publique à Pomeys, où l’évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Emmanuel Gobilliard, annonce aux paroissiens que le chemin de croix de Louis Ribes sera prochainement décroché.
Pendant ce même mois de janvier, le diocèse organise conjointement avec le collectif de victimes des réunions de libération de la parole dans les villes où Louis Ribes a exercé. «On est arrivés à Grammond en mode “lanceurs d’alerte”, Luc et moi», nous raconte Annick. «Au début, personne ne parlait. On a commencé à raconter notre histoire et les autres ont suivi.» À la fin du mois, le diocèse de Lyon, suivi par celui de Saint-Étienne, publie un communiqué reconnaissant la véracité des propos des victimes du père Ribes.
Les réunions continuent ; la prochaine est prévue le 11 juin en présence d’une psychiatre et d’une personne spécialiste du droit lié aux monuments historiques pour répondre aux questions des victimes autour du devenir des œuvres de Louis Ribes.
«J’ai le haut-le-coeur à chaque fois que je rentre dans une église pour un événement et que je vois une de ses “œuvres”», confie Annick. Si Louis Ribes est décédé, ses œuvres, elles, sont encore présentes. Pour Annick, il est impossible de séparer l’homme de l’artiste : «Ribes nous a abusés en tant que prêtre et artiste. Il nous demandait de poser nu pour ses “œuvres” et c’est à ces moments-là que les actes avaient lieu.» Luc ajoute : «Il a quand même fait un vitrail exposé à Sainte-Catherine et intitulé Le Fils prodigue, où est représenté un jeune garçon agenouillé devant un prêtre, la tête au niveau de son bas-ventre.»
Le diocèse de Lyon a entendu le souhait profond des victimes d’agir : tous les tableaux et chemins de croix identifiés comme leur appartenant ont été déposés et conservés en tant que «garde-mémoire d’agissements pédocriminels au sein de l’Église». Interrogé par L’Arrière-Cour, le diocèse nous explique : «Il n’y avait pas d’inventaire des œuvres de Ribes. Il a été réalisé notamment en consultant les archives diocésaines, auprès des paroisses et des particuliers.» Mais Luc s’interroge : «Ils nous disent que les archives sont vides. Comment ont-ils fait pour savoir où se trouvaient exactement toutes les œuvres de Ribes ? »

Concernant les vitraux, le processus ne peut être aussi rapide. Selon le diocèse, ils sont installés au sein d’églises de la région construites avant 1905. De ce fait, loi de séparation de l’Église et de l’État oblige, il est du ressort des communes concernées de décider de leur futur. Le diocèse a tout de même fait savoir qu’il respecterait le choix des communes, quel qu’il soit. Mgr Gobilliard a également indiqué sur BFM Lyon, le 15 février dernier : «Si ça doit coûter, ça coûtera.»
L’Arrière-Cour a contacté les communes en question. Pour Sainte-Catherine, la mairie nous a confirmé le fait que les huit vitraux de Ribes allaient être changés dans un délai indéterminé et que tout se ferait aux frais du diocèse de Lyon. En revanche, pour Caluire-et-Cuire, la mairie nous a informés que le seul vitrail de Ribes se trouvait dans une église construite après la loi de 1905 : il ne lui appartient donc pas de décider de l’avenir de ce vitrail ; cela relève de la responsabilité du diocèse. Les trois autres communes – Loire-sur-Rhône, Givors et Charly – n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Enfin vient la question de la désinscription des œuvres de Ribes au titre des monuments historiques, voulue par les victimes : « Qu’on arrête de subventionner ses œuvres avec nos impôts ! », assène Luc. Dès le mois d’août 2021, Danaï Gemet, fille de Luc, a écrit au ministère de la Culture et à la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes afin de demander deux choses : l’arrêt de la subvention de l’État pour la restauration du chemin de croix de Chambost-Allières, et sa désinscription. 

Après deux mois sans réponse et une relance, elle reçoit le 31 octobre 2021 un message de Marc Drouet, directeur de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes. Il lui confirme la décision de l’archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay, de renoncer à la subvention de l’État de 1.592 euros pour l’œuvre en question, mais lui indique qu’il ne peut invoquer de désinscription sans une décision judiciaire.
Même si la libération de la parole n’est pas terminée, le temps de la réparation – notamment financière – est arrivé. Parmi les demandes du collectif figure la prise en charge par l’Église des soins des victimes sans limite de temps. Une mesure qui changerait la vie d’Annick, dont les parents et le propre fils bénéficient de suivis psychologiques à la suite de la révélation de son histoire : « Ribes a fait des victimes directes comme nous mais il y a aussi toutes les victimes par ricochet. »
À cette demande de prise en charge, le diocèse de Lyon n’a qu’une réponse : contacter individuellement l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIRR), créée en février dernier par la Conférence des évêques de France (CEF) afin d’agir dans le cadre de faits de pédocriminalité.
L’INIRR dispose de 20 millions d’euros via un fonds de dotation auquel évêques, fidèles et diocèses ont participé. Celui de Lyon a communiqué avoir versé 750.000 euros, Grenoble 500.000 euros. Le diocèse de Saint-Étienne n’a pas souhaité dévoiler le montant versé. Est-ce suffisant pour indemniser toutes les victimes ? Difficile de répondre aujourd’hui. 
D’après le rapport Sauvé d’octobre 2021 (le rapport final de la CIASE, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église), au moins 216.000 mineurs ont été victimes d’abus sexuels dans l’Église depuis 1950. Mais combien d’entre eux sont décédés ou, pour une autre raison, ne feront jamais de demande de réparation ?
Depuis sa création, l’INIRR relève 708 situations, dont trois victimes de Louis Ribes. Pourquoi ce chiffre est-il si bas ? «Ni Luc ni moi n’avons réussi à le faire pour l’instant», confie Annick. «J’ai l’impression de retomber dans le même traumatisme. Ribes nous couvrait de cadeaux après nous avoir attouchés…» Pour Luc, c’est surtout le manque de confiance envers l’instance qui le bloque : «C’est compliqué de s’adresser à une instance liée à l’institution qui est responsable de ce qui nous est arrivé. J’ai développé toute une parano. »
Pour Marie Derain de Vaucresson, présidente bénévole de l’instance de réparation, il est important de faire la distinction entre l’Église et l’INIRR : «Je comprends la crainte à l’égard de notre indépendance vis-à-vis de l’Église et je passe beaucoup de temps à veiller à ce qu’elle soit respectée», nous dit-elle. «Je crois que la CIASE et la dernière Conférence des évêques offrent des gages quant à la mise en place d’une telle indépendance. Le fait que l’on ait un rapport annuel à rendre en automne prochain – un rapport qui sera public – nous permet de justifier à la CEF de notre travail tout en restant indépendants.»
À la suite du signalement par le diocèse de Lyon au procureur de la République le 28 janvier dernier et de celui de Luc en février, deux enquêtes sur l’affaire Ribes sont en cours. Luc a été entendu dernièrement pour raconter les faits. S’il n’espère pas grand-chose de l’enquête, il veut surtout s’exprimer : «Certaines victimes m’ont dit qu’elles avaient prévu de mourir avec “ça”, sans parler. Moi, je crois qu’il faut qu’on parle le plus possible de ce genre d’affaires.»
Raconter son histoire à la justice mais aussi demander à l’État de changer les lois : le collectif des victimes exige que les crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles. Pour François Devaux, fondateur de l’association La Parole libérée et victime du père Preynat, cette revendication est absolument primordiale : «Faucher des âmes d’enfants, ce crime-là peut-il vraiment souffrir d’oubli ? N’a-t-on pas l’obligation morale de se rappeler que le système a été défaillant ?», a-t-il interrogé devant l’Assemblée lors de la conférence de presse du collectif, début mai.
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Photographie d’époque représentant le père Louis Ribes et Luc Gemet 
:copyright: Boris Heim/Club de la presse de Lyon
«Nous, on a pris à perpétuité : ce qu’on peut espérer aujourd’hui, c’est que plus aucun enfant ne subisse ce que l’on a subi», nous confie Luc. Le collectif demande donc à l’Église de mettre l’accent sur la prévention de ces abus.
Interrogé par L’Arrière-Cour, Christophe Ravinet, responsable des relations presse au diocèse de Lyon, nous assure que des mesures ont déjà été prises : «Depuis les années 2000, les prêtres ont l’interdiction de confesser seuls, de se retrouver seuls avec un enfant, et ont l’obligation d’avoir des portes vitrées dans leur bureau.»
Début 2017, de nouvelles mesures ont été appliquées : «Des cycles de vidéos au sujet des abus sexuels sont montrés à chaque nouveau membre du personnel. Des modules de prévention lors de la formation des prêtres à Lyon ont également vu le jour.» Le diocèse, en plus de faire régulièrement des appels à témoignage, a mis en place sur son site la plateforme «Agir ensemble contre les abus».
Tout cela ne suffit toutefois pas à convaincre Annick, qui reste persuadée que «des prêtres pédocriminels existent et exercent encore».
«Qui a payé Ribes ? Quel diocèse lui accordait ses vacances où les crimes avaient lieu ? Les archives sont-elles si vides qu’on nous le dit ?» Ces questions tournent en boucle dans la tête de Jasmine, seconde fille de Luc. Pour les victimes, c’est certain : il est impossible que personne n’ait rien vu à l’époque. Des enfants ont parlé. Des adultes aussi.
C’est le cas d’Alain. Nous sommes en 1976, au séminaire de Vienne-Estressin. Indiscipliné, Alain est un jour envoyé au fond de la pièce où il remarque une « chambrette » aménagée par le père Ribes. Sur des étagères se trouvent des cartons à dessins, qu’il décide d’ouvrir. Là, par dizaines, des croquis d’enfants nus dans «des poses lascives et même pornographiques» sont mis au jour. Alain décide d’en parler à son directeur spirituel qui lui dit d’être patient. Deux jours après, il est convoqué dans le bureau de Ribes qui lui reproche d’avoir fouillé dans ses affaires, de jeter la suspicion sur lui, et lui adresse un compte-rendu de son comportement. Alain n’est plus accepté à son cours.
Quelques mois plus tard, une dizaine d’enfants arrivent au séminaire. Parmi eux, Alain reconnaît un jeune garçon des croquis. C’est Luc. Alain et ses collègues sont stupéfaits de voir le père Ribes enlacer Luc, lui tenir la main, l’asseoir sur ses genoux, ou encore qu’ils dorment dans la même chambre : «Tout ceci ne semblait pas déranger les autres prêtres du séminaire», indique Alain.
Début mai, Nanou Couturier était présente à la conférence de presse du collectif d’Annick et de Luc. Si elle n’est pas une victime du père Ribes, elle fut une victime de trois prêtres maristes pendant toute son enfance au sein de la commune de Vaulx-en-Velin.
Nanou veut rassembler : «Si le collectif reste dans son coin, cela va mourir très vite. Il faut créer une association, comme pour La Parole libérée lors de l’affaire Preynat.» Bien que l’association ne soit pas encore fondée officiellement, le bureau, lui, est déjà constitué : Nanou, son avocat Me Jean Sannier, Luc et Annick seront la partie. Et quel sera son nom ? « Nous hésitons encore. Mon avocat m’a dit de trouver un nom qui résume le plus notre combat. Et le nôtre, c’est l’indemnisation des victimes. Car l’argent est la seule punition qu’on puisse leur demander.» Avec cette association, Annick et Luc espèrent être mieux entourés afin de pouvoir avancer et réussir à faire les démarches auprès de l’INIRR.
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Nanou Couturier, Annick Moulin, Luc Gemet et Gilles Champion lors de leur conférence de presse début mai :copyright: Boris Heim/Club de la presse de Lyon
Honorine Soto

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